Les élections présidentielles du 5 novembre 2006 au Nicaragua, ont opposé Daniel Ortega (FSLN) à Eduardo Montealegre (ALN, droite), José Rizo Castellón (PLC, droite), Edmundo Jarquín Calderón (MRS, gauche) et Edén Pastora (AC, gauche).
Et, bonne nouvelle pour un bon gars de gauche comme moi surtout avec un nom de blog pareil, l'ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega a remporté l'élection présidentielle en obtenant 38,4% des votes. Ces résultats ont été annoncés par le groupe indépendant "Ethique et transparence" qui a déployé environ 11 000 observateurs.
Elu dès le premier tour, la bête noire des Etats-Unis en Amérique centrale au pouvoir de 1979 et 1990, a donc répondu à l'exigence d'obtenir 35% des voix avec 5 points d'avance sur le candidat arrivant en second, Edouardo Montealegre ayant récolté 29,52% des suffrages. Seulement voila Ortega n'est plus, mais alors plus du tout ce qu'il était en 1979 lorsqu'il chassait le dictateur Somoza du pouvoir (cf : autre article de ce blog).
Depuis des années déjà, la direction du FSLN s'est enfoncée dans la corruption, l'enrichissement personnel et les accords sans principes avec la droite la plus réactionnaire, qui ont permis, entre autres, une mainmise partagée sur l'appareil judiciaire, gage d'une totale impunité. Avant ces élections, ils ont obtenu en outre une modification de la constitution du Nicaragua :
35% des suffrages et une avance de 5% minimum sur ses adversaires sont suffisant pour se faire élire Président au premier tour contre 45% auparavant. Pas vraiment démocratique ce procédé.
Mais surtout, toute sa campagne a été menée sur le thème de la réconciliation nationale, de la ferveur religieuse et du retour aux valeurs traditionnelles. Il est donc difficile de voir aujourd'hui dans le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) une quelconque filiation avec le parti révolutionnaire qui donné le pouvoir au peuple et tenu tête, dans les pires conditions, à l'impérialisme nord-américain.
En effet en 2004, Ortega renouvela formellement le pacte avec l'actuel président sortant Arnoldo Alemán Lacayo, malgré le fait que celui-ci ait été condamné à 20 ans de détention et assigné à résidence pour corruption et blanchiment d'argent, entre autres. Ces deux leaders charismatiques comptaient pour cette élection sur un fort soutien des masses populaires, sandinistes pour l'un, libérales pour l'autre. Ce pacte a été désapprouvé par beaucoup de sandinistes, notamment des intellectuels, qui le voient comme une trahison aux idéaux du parti en faveur d'une quête de pouvoir. Plusieurs de ces intellectuels ont rejoint alors le Mouvement de rénovation sandiniste (MRS), fondé en 1995 par Sergio Ramírez.
Le rôle déterminant que le FLSN tenait dans le dernier gouvernement à l'Assemblée nationale l'a conduit à faire adopter des lois s'inscrivant dans la continuité des politiques néolibérales des gouvernements de droite successifs. Daniel Ortega s'est fait le champion du traité de libre-échange avec les États-Unis et les députés du FSLN ont pris l'initiative, à la veille des élections, d'appuyer un projet de loi abolissant l'avortement sous toutes ses formes (y compris l'avortement thérapeutique, autorisé depuis 1893), loi qui a été adoptée par le Parlement. Afin de mieux convaincre les Nicaraguayens de sa « conversion » idéologique et religieuse, Daniel Ortega avait choisi pour colistier un puissant homme d'affaires et ancien dirigeant de la Contra, fer de lance des États-Unis dans leur tentative de renverser le pouvoir sandiniste à l'époque de la révolution.
En fait Ortega a voulu donner une nouvelle image de son parti, débarrassée du passé révolutionnaire marxiste-léniniste. Et en retournant sa veste il s'est allié à des intérêts traditionnellement considérés comme de droite, comme l'Eglise catholique et des ex-Contras (son candidat à la vice-présidence en est un).
Le Front Sandiniste de Libération Nationale n'est plus Sandiniste. Dommage. On souhaite au MRS de ne pas en faire autant.
Et, bonne nouvelle pour un bon gars de gauche comme moi surtout avec un nom de blog pareil, l'ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega a remporté l'élection présidentielle en obtenant 38,4% des votes. Ces résultats ont été annoncés par le groupe indépendant "Ethique et transparence" qui a déployé environ 11 000 observateurs.
Elu dès le premier tour, la bête noire des Etats-Unis en Amérique centrale au pouvoir de 1979 et 1990, a donc répondu à l'exigence d'obtenir 35% des voix avec 5 points d'avance sur le candidat arrivant en second, Edouardo Montealegre ayant récolté 29,52% des suffrages. Seulement voila Ortega n'est plus, mais alors plus du tout ce qu'il était en 1979 lorsqu'il chassait le dictateur Somoza du pouvoir (cf : autre article de ce blog).
Depuis des années déjà, la direction du FSLN s'est enfoncée dans la corruption, l'enrichissement personnel et les accords sans principes avec la droite la plus réactionnaire, qui ont permis, entre autres, une mainmise partagée sur l'appareil judiciaire, gage d'une totale impunité. Avant ces élections, ils ont obtenu en outre une modification de la constitution du Nicaragua :
35% des suffrages et une avance de 5% minimum sur ses adversaires sont suffisant pour se faire élire Président au premier tour contre 45% auparavant. Pas vraiment démocratique ce procédé.
Mais surtout, toute sa campagne a été menée sur le thème de la réconciliation nationale, de la ferveur religieuse et du retour aux valeurs traditionnelles. Il est donc difficile de voir aujourd'hui dans le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) une quelconque filiation avec le parti révolutionnaire qui donné le pouvoir au peuple et tenu tête, dans les pires conditions, à l'impérialisme nord-américain.
En effet en 2004, Ortega renouvela formellement le pacte avec l'actuel président sortant Arnoldo Alemán Lacayo, malgré le fait que celui-ci ait été condamné à 20 ans de détention et assigné à résidence pour corruption et blanchiment d'argent, entre autres. Ces deux leaders charismatiques comptaient pour cette élection sur un fort soutien des masses populaires, sandinistes pour l'un, libérales pour l'autre. Ce pacte a été désapprouvé par beaucoup de sandinistes, notamment des intellectuels, qui le voient comme une trahison aux idéaux du parti en faveur d'une quête de pouvoir. Plusieurs de ces intellectuels ont rejoint alors le Mouvement de rénovation sandiniste (MRS), fondé en 1995 par Sergio Ramírez.
Le rôle déterminant que le FLSN tenait dans le dernier gouvernement à l'Assemblée nationale l'a conduit à faire adopter des lois s'inscrivant dans la continuité des politiques néolibérales des gouvernements de droite successifs. Daniel Ortega s'est fait le champion du traité de libre-échange avec les États-Unis et les députés du FSLN ont pris l'initiative, à la veille des élections, d'appuyer un projet de loi abolissant l'avortement sous toutes ses formes (y compris l'avortement thérapeutique, autorisé depuis 1893), loi qui a été adoptée par le Parlement. Afin de mieux convaincre les Nicaraguayens de sa « conversion » idéologique et religieuse, Daniel Ortega avait choisi pour colistier un puissant homme d'affaires et ancien dirigeant de la Contra, fer de lance des États-Unis dans leur tentative de renverser le pouvoir sandiniste à l'époque de la révolution.
En fait Ortega a voulu donner une nouvelle image de son parti, débarrassée du passé révolutionnaire marxiste-léniniste. Et en retournant sa veste il s'est allié à des intérêts traditionnellement considérés comme de droite, comme l'Eglise catholique et des ex-Contras (son candidat à la vice-présidence en est un).
Le Front Sandiniste de Libération Nationale n'est plus Sandiniste. Dommage. On souhaite au MRS de ne pas en faire autant.
